Comment définiriez-vous des grands-parents intrusifs ? La mère qui vient habiter avec le jeune couple les semaines qui suivent la naissance, qui donne des conseils sans arrêt ou fait des critiques, alors que c’est un moment qui doit appartenir au couple. C’est presque une régression, cela fait un peu retomber la jeune mère en enfance. Cela se passe souvent avec la mère de la mère. Le père doit essayer d’aider sa femme à dire non.

Que se joue-t-il entre le père et ses parents ? Le père prend de l’autorité sur sa famille et sa belle-famille. Il doit protéger sa femme contre les intrusions diverses. Si les copains veulent faire la fête, il est là pour faire rempart. Il joue le rôle d’une autorité protectrice et sociale, ce qui lui donne une place par rapport à sa mère. Il doit éviter que cette dernière n’intervienne trop dans le rôle de mère de sa femme.

L’éducation est la confrontation de deux héritages ? Oui. Un enfant est élevé en stéréo, les sensibilités des deux parents sont différentes, leurs éducations sont différentes, à tout moment c’est une négociation. Les différences entre les parents sont une richesse pour l’enfant. Il grandit en ayant conscience de l’altérité. Et puis, l’humour est essentiel dans l’éducation.

Comment gérer les divergences de vues sur l’éducation ? Il faut s’écouter l’un, l’autre, dans la parentalité, entendre les souffrances, écouter les causes de reproches et prendre les choses avec humour. Il est très important de relativiser les disputes et se faire un baiser après. Cela montre à l’enfant que les querelles éducatives n’entament pas la complicité du couple et que l’enfant n’est pas la cause d’une éventuelle séparation.

Pour continuer à aimer son conjoint, faut-il aimer le parent qu’il est devenu ? Il arrive qu’on n’apprécie pas le parent que l’autre est devenu et que cela entame profondément la relation affective. Il faut que les deux membres du couple discutent beaucoup pour que leurs visions de la parentalité se rapprochent peu à peu. Vivre en couple est une construction lors de laquelle on traverse des crises. Il est préférable de faire tout son possible pour dépasser cette épreuve, au lieu de recommencer avec un autre, alors qu’on a construit la plus belle chose au monde ensemble, puisqu’on a donné la vie



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