l n'aura fallu qu'un seul et premier album pour qu'elle s'impose comme l'héritière de Björk, rien que ça. Comme comparaison, Natasha Khan, alias Bat for Lashes (son nom d'artiste), pouvait tomber plus mal. Il est vrai qu'avec Fur and Gold, Bat for Lashes a frappé juste, très juste même. Originaire du Pakistan et ex-institutrice, on aurait pu enfermer cette Anglaise d'adoption de 28 ans dans le cercle très à la mode des chanteuses folk au style épuré, limite psychédélique, dont font déjà partie Au Revoir Simone ou CocoRosie. Mais non c'était trop facile. Bat for Lashes est particulière, intemporelle, étonnante, c'est précisément ce qui la rend précieuse et unique.



La musique de Bat for Lashes est imaginaire, expérimentale, parfois presque artisanale. Piano, clavecin, tambours, guitares, basses, claquements de main, percussions et autres grondements, Natasha Khan est une touche-à-tout qui n'a peur d'aucun instrument. Et sur ces sons originaux, elle pose sa voix (dont les intonations rappellent inévitablement celle de Björk) comme un murmure : on est loin, très loin des chanteuses-à-voix et c'est ça qui est prodigieusement bon. Pas la peine de hurler pour être bouleversante, l'émotion n'a jamais été une question de puissance.



C'est encore plus vrai lorsqu'on voit Bat for Lashes en vrai. Lors de son concert au festival Rock en Seine à la fin du mois d'août dernier, on a découvert une chanteuse aux faux airs de Pocahontas avec des plumes dans les cheveux, toute menue et pas très grande, au milieu d'une scène immense. Et comme dans son album, elle était animée, poétique, simplement captivante.


TF1