les réponses à ces questions sont aussi diverses que variées... Selon que l’on soit dans le milieu rural ou dans les grandes agglomérations, les visions des populations sont différentes. Mais la femme reste la femme. Un musicien très connu conseille de ne jamais promettre à notre mère, soeur, fille etc, si l’on sait que le langage ne peut pas être tenu. Les fidèles musulmans qui, certainement, n’ont pas bien compris les choses, brandiront le spectre du sexe. Et même sur ce plan, l’histoire nous apprend qu’il y a eu des princesses, des reines, des guerrières. Bref, dans notre société, dans nos familles, on sait que la femme est capable de beaucoup de choses si évidemment on se démarque des préjugés. Malheureusement, tel n’est pas le cas chez nous.

Malgré le mot tant aimé par les femmes “Emancipation”, il y a les pesanteurs sociales qui sont là. Un de nos interlocuteurs qui a requis l’anonymat pense qu’une femme ne peut jamais devenir présidente de la République au Mali. Selon lui, l’islamisation, la fanatisation sont des nouveaux phénomènes en ce moment qui sont en train d’alliéner davantage la femme. Elles sont toujours maintenues au second plan.

D’après notre interlocuteur, dans le milieu rural, ce sont surtout les traditions qui maintiennent les femmes au second plan. “Si l’on est pour une émancipation de la femme au Mali, il faut rétrecir les barrières issues de la tradition et de la mauvaise compréhension des populations. Les hommes ne voteront jamais pour les femmes”, a-t-il martélé.

Selon Mme Fomba Adam, secrétaire à la Direction Nationale des Transports (DNT), peut-être ce ne sont pas toutes les femmes qui peuvent diriger le Mali. Même si notre culture impose aux femmes de se soumettre, une femme peut bel et bien devenir présidente de la République. Pourvu qu’elle ait les qualités nécessaires. Etre femme n’est pas synonyme de médiocrité.

Mme Traoré de la même DNT affirme : “Je pense que la constitution physique même de la femme pose problèmes pour diriger un pays comme le nôtre. Là où les hommes ont presqu’échoué, les femmes réussiront difficilement.

Par exemple lorsqu’une femme attend un enfant ou allaite, il lui est très difficile de s’assumer convenablement. A côté de cet handicap naturel, il y a aussi les handicaps dus à nos coutumes et moeurs. Pour qu’il y ait un véritable épanouissement de la femme au Mali, il faut briser les barrières. Or cela n’est pas facile”.

Dans les gouvernements qui se sont succédé au Mali, on scandait la politique de “L’homme qu’il faut à la place qu’il faut”. Ça nous amène à dire, sans être phallocrate, que dans le foyer, la règle du jeu doit être différente que dans l’administration publique. Mieux vaut donner la chance à toutes les filles et à tous les fils du pays d’exercer la fonction qu’ils souhaitent. Mais ils doivent avoir la capacité et la compétence nécessaires pour l’exercer.

KONATE Goudia