Les causes des chutes de cheveux sont très nombreuses.

Parmi les chutes de cheveux diffuses, les plus fréquentes sont l'alopécie commune (alopécie androgénique masculine et féminine) et l'effluvium télogène (après une fièvre élevée, une grossesse, une prise médicamenteuse ou un régime sévère). L'effluvium anagène entraîne quant à lui une chute de cheveux brutale après une chimiothérapie ou au cours de la pelade. Les chutes de cheveux génétiques s'observent dès la naissance ou plutôt au cours de l'enfance (moniletrix, syndrome des cheveux anagènes caducs, dysplasies ectodermiques).

Les chutes de cheveux localisées s'observent dans le cadre de l'alopécie androgénique masculine (golfes, tonsure), des infections par champignons (teignes), de la pelade en plaques, des alopécies induites par des tractions (trichotillomanie, tresses et défrisage) ou des alopécies cicatricielles (lupus érythémateux, lichen, folliculite décalvante, alopécie cicatricielle centrale centrifuge, alopécie frontale fibrosante post-ménopausique …). Les tumeurs et excroissances de peau s'accompagnent aussi d'une chute de cheveux localisée (hamartome sébacé, carcinome baso-cellulaire, carcinome épidermoïde).

La responsabilité du stress a souvent été mise en cause dans la survenue des chutes de cheveux mais n'a pas jusque-là été confirmée par les études scientifiques. Toutefois, nous sommes tous victimes du stress induit par les évènements de la vie courante, il faut penser au rôle du stress lorsqu'une chute de cheveux importante survient dans les semaines qui suivent une émotion d'une intensité anormalement élevée.

Le traitement efficace des chutes de cheveux nécessite d'en déterminer la cause.

• Les effluvium télogènes peuvent indiquer la prise en charge d'une carence (fer, vitamine B12) ou d'un problème thyroïdien mais ils guérissent souvent sans traitement après 3 à 4 mois (après grossesse, fièvre, intervention chirurgicale ect…). Les effluviums télogènes induits par une prise médicamenteuse (isotrétinoïne, anticholestérol, anticoagulant…) nécessitent quand c'est possible le remplacement du traitement par une autre molécule.

• Les effluviums anagènes des chimiothérapies peuvent, dans une certaine mesure, être minimisés par des mesures de prévention (casque réfrigérant).

• Les dermatoses et les affections générales qui provoquent une chute de cheveux spécifiques doivent bénéficier d'un traitement adapté en fonction de chaque cas. La teigne requiert un traitement antimycosique par voie générale. Le traitement du lichen fait appel à la corticothérapie locale, intralésionnelle ou générale et parfois aux antipaludéens de synthèse (plaquenil). Les alopécies cicatricielles sont de traitement délicat, elles nécessitent le recours à un expert du cuir chevelu. Une fois le processus stabilisé une reconstruction par greffe de cheveux est parfois envisageable.

• Les alopécies congénitales peuvent parfois bénéficier d'une restauration capillaire par greffes de cheveux ou d'un complément capillaire.

• La pelade en petites plaques guérit souvent rapidement sans traitement mais peut récidiver alors que les pelades plus importantes impliquent une prise en charge rapide qui fait appel à la corticothérapie locale (lotion), intralésionnelle (piqûres dans le cuir chevelu) ou rarement à la corticothérapie générale. La puvathérapie, le dioxyanthranol et l'application d'une substance sensibilisante (diphencyprone) sont des traitements souvent recommandés.

• L'alopécie androgénique masculine bénéficie du traitement par finastéride (Propécia®) et minoxidil à 5%, le dutastéride est en cours d'expérmentation dans cette indication mais les résultats sont préliminaires. Les greffes de cheveux représentent le seul moyen de retrouvrer une chevelure naturelle, les techniques actuelles de greffes folliculaires donnent d'excellents résultats lorsqu'elles sont réalisées par des équipes expertes. L'alopécie androgénique féminine est fréquente, sont traitement fait appel au minoxidil à 2% et aux antiandrogènes (acétate de cyprotérone) quand une hyperandrogénie est manifeste; le finastéride n'est actuellement pas indiqué chez la femme mais en cours d'évaluation chez la femme ménopausée.


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