mar 26 fév 2008
LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL LANCE LA CAMPAGNE CONTRE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
26 02 2008Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a lancé ce matin, en ouverture des travaux de la Commission de la condition de la femme, la Campagne visant à mettre fin à la violence à l’égard des femmes. « Je resterai hanté par la souffrance des femmes que j’ai rencontrées dans les zones de conflit », a confié ce matin le Secrétaire général aux participants. « Mais je puise mon inspiration dans leur courage », a-t-il souligné.
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Selon les Nations Unies, au moins une femme sur trois dans le monde court le risque d’être victime d’abus physiques ou sexuels, et une femme sur cinq d’être victime d’un viol ou d’une tentative de viol. La traite des femmes, le harcèlement sexuel, les mutilations génitales, les crimes d’honneur et l’infanticide en raison du sexe sont également répandus. On estime que plus de 130 millions de filles et de femmes vivant aujourd’hui ont subi des mutilations génitales, et que 2 millions de filles par an courent le risque d’être mutilées.
Avec le lancement de cette campagne, qui aura lieu jusqu’en 2015, date butoir pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le Secrétaire général s’est engagé à promouvoir dans les faits les normes juridiques internationales existantes en matière de protection des droits des femmes. Devant plus d’une dizaine de ministres et une salle de conférence comble, M. Ban Ki-moon a appelé le Conseil de sécurité à établir un mécanisme qui s’attache à suivre les cas de violence contre les femmes et les fillettes dans le cadre de la résolution 1325 relative aux femmes, à la paix et à la sécurité.
Le Secrétaire général a aussi promis de faire pression auprès des gouvernants de chaque pays pour qu’ils révisent leurs lois nationales. Il a exhorté les médias à relayer son message et appelé les hommes à montrer l’exemple et « à faire connaître que la violence faite à une femme est un acte de lâcheté ». M. Ban Ki-moon a également proposé la tenue d’un événement de haut niveau en 2010 pour passer en revue ce qui aura été accompli en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. Concluant son discours, le Secrétaire général a, en guise de symbole du large partenariat qu’il entend créer, appelé à ses côtés un représentant des gouvernements, de la société civile, du secteur privé, des groupes féminins et des hommes qui ont « sifflé » la fin de la violence à l’égard des femmes.
Le Président du Conseil économique et social (ECOSOC), M. Léo Mérorès, a dit sa détermination à accorder tout l’appui possible à la Campagne lancée par le Secrétaire général sur la base des résolutions adoptées par l’ECOSOC. La violence contre les femmes, a insisté le Président du Conseil, a un coût humain, sanitaire, social et économique. Cette violence appauvrit en effet non seulement les femmes, mais aussi les familles, les sociétés et les pays, tandis que les inégalités créent les conditions favorables à sa perpétuation. Ce point de vue a été repris par la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Mme Thoraya Obaid, qui s’exprimait au nom du système des Nations Unies. La violence contre les femmes, a-t-elle ajouté, est liée directement aux inégalités entre les sexes.
Le thème choisi pour la session de la Commission de la condition de la femme qui est « le financement de la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes » a été perçu par les délégations comme fort opportun, étant donnée la tenue prochaine de grandes conférences internationales sur le thème du financement du développement. M. Sha Zukang, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires économiques et sociales, a estimé que la violence envers les femmes et les fillettes constituait un obstacle à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Le Sommet mondial de 2005 a en effet montré qu’investir dans les femmes et les fillettes a un effet multiplicateur sur la productivité et sur la croissance économique durable, a-t-il rappelé.
Mme Rachel Mayanja, Sous-Secrétaire générale et Conseillère spéciale du Secrétaire général pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme, a quant à elle regretté que le Consensus de Monterrey, tout en reconnaissant que l’égalité entre les sexes et l’autonomisation de la femme constituent des objectifs de développement, n’a pas conduit de manière substantielle à l’élaboration de plans d’action ou de recommandations sur cette question.
Les Ministres des pays suivants ont pris la parole dans le cadre du débat général: Antigua-et-Barbuda; Slovénie, au nom de l’Union européenne et des pays associés; Islande; Suède; Soudan; Côté d’Ivoire; République dominicaine et Togo. Les représentants des pays suivants ont aussi fait des déclarations: Argentine; Mexique. La représentante de l’ONG « Equality Now », qui s’exprimait au nom des ONG, a également pris part au débat.
La nécessité de l’appropriation et de l’institutionnalisation du « budget genre » a été soulignée par les experts participant aux tables rondes organisées cet après-midi en salles de conférence 2 et 4. Il y a aussi été question de création d’emplois décents, de promotion des politiques de libéralisation du commerce qui tiennent compte de l’impact d’une telle libéralisation sur les femmes, ou encore de la redistribution des flux budgétaires afin de favoriser l’accès aux microcrédits, aux activités d’entrepreneuriat et le dialogue social.
LANCEMENT DE LA CAMPAGNE VISANT À METTRE FIN À LA VIOLENCE À L’ÉGARD DES FEMMES PAR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET DE LA VINGT-TROISIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIE SIÈCLE »: RÉALISATION DES OBJECTIFS STRATÉGIQUES ET MESURES À PRENDRE DANS LES DOMAINES CRITIQUES ET NOUVELLES MESURES ET INITIATIVES: FINANCEMENT DE LA PROMOTION DE L’ÉGALITÉ DE LA PROMOTION DE L’ÉGALITÉ DES SEXES ET DE L’AUTONOMISATION DES FEMMES