Louis Michel, commissaire européen responsable du développement et de l'aide humanitaire, s'est exprimé en ces termes: «Dans de nombreux pays parmi les plus pauvres du monde, les populations vulnérables sont de plus en plus exposées aux catastrophes naturelles, aux conflits et aux pressions économiques, situations dans lesquelles elles peuvent rapidement souffrir de la faim. L'Union européenne a un rôle essentiel à jouer en leur apportant une aide alimentaire et en rétablissant la production vivrière.»

Comme c'est le cas pour d'autres formes d'assistance humanitaire, l'aide alimentaire est dispensée en fonction des besoins. Une liste de 17 pays et territoires prioritaires a ainsi été établie sur la base d'une évaluation détaillée du degré d'insécurité alimentaire. Figurent sur cette liste le Soudan, le Tchad, la Somalie, le Kenya, l'Éthiopie, l'Ouganda, la République démocratique du Congo, la Tanzanie, le Burundi, les pays du Sahel, le Liberia, le Zimbabwe, l'Afghanistan, le Népal, Sri Lanka, la Colombie et les territoires palestiniens (Cisjordanie et bande de Gaza).

Selon les estimations, cette nouvelle décision de la Commission bénéficiera directement à quelque 18,7 millions de personnes, parmi lesquelles des réfugiés, des personnes déplacées à l'intérieur des frontières et des communautés d'accueil dans des régions touchées par des déplacements de population. La priorité sera accordée aux enfants et aux jeunes mères.

Un soutien sera apporté aux types de projets suivants:

  • distribution d'aide alimentaire aux populations en difficulté au lendemain de catastrophes naturelles, d'épidémies et de conflits armés;
  • assistance en matière de récupération nutritionnelle aux groupes vulnérables victimes de crises, que celles-ci soient soudaines ou de longue durée, et plus particulièrement aux enfants de moins de cinq ans et à leurs mères. Ce type d'aide est dispensé en cas de forte détérioration de la situation alimentaire;
  • des activités de type «nourriture contre travail» visant à rétablir les ressources des communautés rurales. Ce type d'action comportera des projets de génération de revenus; et
  • le rétablissement des moyens de subsistance essentiels des populations vulnérables qui regagnent leurs foyers ou se réinstallent après une crise. Les activités prévues englobent une aide à court terme à la production vivrière familiale (par exemple, la distribution de semences, d'outils et d'engrais) et à la diversification des sources d'approvisionnement alimentaire (par exemple, la pêche comme moyen de subsistance ou encore l'élevage privé).

La plupart des projets financés au titre de la présente décision seront mis en œuvre par le Programme alimentaire mondial des Nations unies. Les projets ayant trait à la nutrition et à la sécurité alimentaire à court terme seront confiés à d'autres partenaires opérationnels de la Commission, notamment à des organisations non gouvernementales (ONG) et au Comité international de la Croix-Rouge (CICR).