« À l’heure où la mondialisation s’accélère, l’Union européenne doit rester dans la course et marquer des points. Pour la réussite sociale, pour la compétitivité et la vitalité de notre économie, il nous faut retenir et attirer une population qualifiée et talentueuse. Plus important encore, nous devons faire de l’UE un endroit où il fait bon vivre et travailler, au sein d’une société capable d'adaptation et favorisant l’intégration», a déclaré le commissaire Špidla.

L’un des points de départ de la conférence est l’agenda social adopté en 2005, qui décrit la feuille de route dont s’est dotée l’Union pour moderniser et améliorer le modèle social européen: «Une Europe sociale dans une économie mondialisée: des emplois et de nouvelles chances pour tous». L'agenda social est l’une des composantes de la stratégie européenne intégrée pour la croissance et l’emploi, dite stratégie de Lisbonne.

La stratégie de Lisbonne a facilité l'accélération des réformes et stimulé les bons résultats de l'UE, comme le prouvent les 17 millions d'emplois créés depuis l'an 2000. Des millions d’Européens ont saisi la chance que leur offrait le marché unique et sont partis vivre, étudier, travailler ou passer leur retraite dans un autre État membre. L’Union a édifié un cadre solide dans le domaine des droits des travailleurs. Cependant, il n'y a pas lieu de verser dans la complaisance.

La pauvreté menace encore 16% d’Européens, dont 19 millions d’enfants. La rémunération des femmes demeure inférieure de 15% à celle des hommes. De nouveaux défis ont vu le jour. L’évolution rapide des technologies creuse le fossé entre le personnel qualifié et non qualifié. Les facteurs socioéconomiques provoquent de fortes inégalités sur le plan sanitaire. Les systèmes de protection sociale et de santé doivent s’adapter à l’évolution de la démographie et aux besoins d’une population européenne vieillissante. Les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes, en particulier pour accéder à l’emploi et se loger à un coût raisonnable, font craindre que la génération actuelle de jeunes Européens ne bénéficie pas du même niveau de vie que celle de leurs parents.

Dans un tel contexte, la Commission a décidé en 2007 de dresser le bilan de la réalité sociale de l’Union européenne. Son but était, avec cette consultation, de brosser le tableau des transformations en cours au sein des sociétés européennes. Il en est ressorti un vaste éventail d’opinions sur les tendances sociales actuelles et les conséquences d’une évolution des relations sociales. À partir de ces résultats initiaux, la Commission a adopté en novembre 2007 une communication intitulée «Opportunités, accès et solidarité», qui énonce une première série de réponses possibles, face aux défis que l’Union doit relever.

La conférence d’aujourd’hui sur les nouvelles réalités sociales et les réponses à y apporter servira de tribune aux États membres, aux institutions européennes, aux partenaires sociaux, à la société civile et aux experts pour débattre les tendances sociales actuelles et contribuer à l’élaboration d’un nouvel agenda de l’Union placé sous le thème «Opportunités, accès et solidarité », qui doit être adopté par la Commission en juin 2008.