12 mai.
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L'Ircad continue à explorer les différentes facettes de la chirurgie sans cicatrice
APM L'Institut de recherche contre les cancers de l'appareil digestif (Ircad) à Strasbourg continue à explorer les différentes facettes de la chirurgie sans cicatrice, a indiqué mardi devant l'Académie de médecine, son président, le Pr Jacques Marescaux.
Le spécialiste est intervenu sur le thème "futures révolutions en chirurgie: de la chirurgie robotisée à la chirurgie sans cicatrice", lors de la première séance commune entre l'Académie de médecine et celle des technologies.
"La chirurgie sans cicatrice" est la formulation grand public désignant la chirurgie endoscopique transluminale par les orifices naturels (Notes, Natural Orifices Translumenal Endoscopic Surgery).
Son but est de parvenir à une technique "encore moins invasive que la coelioscopie" (ou laparoscopie), d'éviter les cicatrices externes sur la peau, de réduire la douleur induite par l'opération et le temps de cicatrisation, Jacques Marescaux estimant qu'elle constitue un tournant dans la chirurgie du même type que le passage de la laparotomie à la laparoscopie.
En avril 2007, le Pr Marescaux a eu recours à la chirurgie endoscopique transluminale chez une patiente, en réalisant la première ablation de la vésicule biliaire transvaginale avec un endoscope flexible de la société allemande Karl Storz muni d'instruments de 1,50 mètre de longueur (cf dépêche APM VBKDQ001).
Devant les académiciens, le spécialiste est revenu sur la multidisciplinarité, clef du succès de ce projet de recherche de 4 millions d'euros sur trois ans qui a permis d'aboutir à cette première opération chez une femme.
En particulier, le travail entre les ingénieurs et les chirurgiens a permis de concevoir une instrumentation adaptée "totalement différente". Ainsi, "la qualité de ce qui se fait en transgastrique en expérimental est supérieure à ce qui se faisait aux débuts de la laparoscopie", rapporte Jacques Marescaux.
Le spécialiste a fourni d'autres exemples de problèmes techniques sur lesquels l'Ircad s'est penché et continue à plancher, notamment pour fermer de manière la plus sûre possible les trous réalisés dans les organes naturels. L'institut s'intéresse ainsi de près à une solution utilisée en cardiologie interventionnelle -une technique basée sur deux espèces de "parapluies" qui s'ouvrent de part et d'autre de l'orifice pratiqué-, et essaie de développer des produits résorbables.
Le Pr Marescaux a également évoqué l'exploration par l'Ircad de la chirurgie endoscopique transluminale sous toutes ses facettes, que ce soit en termes d'accès ou de type d'intervention.
L'institut a réalisé ses premières cholécystectomies par voie transgastrique chez des patients à partir de septembre 2007. Quatre patients ont été opérés à ce jour tandis que huit autres patientes ont eu une cholécystectomie transvaginale, précise à l'APM Jacques Marescaux.
CHIRURGIE DE L'OBESITE AVEC DEUX TROCARTS
Par ailleurs, "depuis deux mois", la technique a été appliquée, pour plus d'une demi-douzaine de patientes, à la chirurgie de l'obésité morbide. La "sleeve gastrectomie" a été réalisée "pour l'instant via deux trocarts" (au niveau de l'estomac et du vagin), ce qui constitue une "diminution importante par rapport aux six trocarts" actuellement utilisés, indique-t-il.
D'autres voies d'accès mixtes sont également explorées, comme les voies transgastriques et transrectales. Sur ce sujet, le Pr Marescaux a fait part de résultats positifs expérimentaux chez l'animal obtenus pour la résection du côlon gauche et précise à l'APM que cela devrait être également évalué chez l'homme "dans les semaines qui viennent", l'Ircad attendant les autorisations.
Jacques Marescaux a enfin fait état d'autres programmes d'évaluation en cours dans la chirurgie endoscopique transluminale, dans la splénectomie, mais aussi avec certains pédiatres pour parvenir au médiastin en franchissant le diaphragme à travers l'estomac et réaliser des fenêtres péricardiques ou des biopsies pulmonaires.
Interrogé par l'APM sur les risques infectieux éventuels liés à cette technique, le Pr Marescaux répond qu'il "ne faut pas traverser le rectum pour enlever la vésicule" biliaire.
Il évoque par ailleurs un risque infectieux potentiel de seulement 0,001% avec le transvaginal, selon des chiffres fournis par des gynécologues lyonnais sur une série limitée de quelque 2.000 patientes.
Pour le transgastrique, il indique que l'acidité de l'estomac ne le rend pas septique. "Il ne va pas infecter le ventre", indique le spécialiste en soulignant qu'il est juste nécessaire pour l'opération d'administrer une antibiothérapie locale. Pour la colectomie, il estime que le risque infectieux est le même qu'avec toute technique à ciel ouvert.
hopital.fr

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