28 mai.
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Acouphène, hyperacousie, maladie de Ménière : de quoi s'agit-il ?
L’acouphène, qu’est-ce que c’est ?
L’acouphène chronique est un bruit subjectif, entendu sans cesse, jour et nuit, " dans l’oreille " ou " dans la tête ", sans aucun stimulus sonore extérieur. Dans 95% des cas, le patient est le seul à " entendre " son acouphène. Il ne s’agit pas d’une hallucination auditive : des techniques d’imagerie médicale sophistiquées permettent d’" objectiver " l’acouphène. L’acouphène peut être le symptôme d’une pathologie du système auditif, comme l’otospongiose, la maladie de MÉNIÈRE, le neurinome de l’acoustique, etc., ou bien être la séquelle d’un accident traumatique, fracture du rocher notamment. Il peut aussi se manifester en cas d’hypercholestérolémie, d’hypertension, d’hyperthyroïdie, de malocclusion dentaire, etc. Il survient fréquemment après un traumatisme sonore ou barométrique, ou un choc émotionnel. La plupart du temps, l’étiologie de l’acouphène n’est pas clairement identifiée.
Et l’hyperacousie ?
Le terme " hyperacousie " désigne une intolérance aux bruits, même les plus banals. L’hyperacousie est souvent la séquelle d’un traumatisme acoustique et accompagne l’acouphène dans 40% des cas.
Qui souffre d’acouphènes ?
Si les patients dans la deuxième moitié de vie sont préférentiellement touchés, on constate néanmoins une augmentation significative du nombre de jeunes adultes (phénomène vraisemblablement dû à une exposition croissante de cette population aux bruits intenses : baladeurs, concerts techno, rave parties, discothèques, motos, etc.). Tous les milieux sociaux sont concernés, et maintenant toutes les tranches d’âge.
Combien de personnes sont atteintes ?
De 10 à 17% de la population. 1,6 millions de Français qualifient leur acouphène d’" agressif ", et 300.000 d’" intolérable ". Le vécu de l’acouphène et de l’hyperacousie va ainsi de la gêne occasionnelle et légère jusqu’à l’entrave profonde de toute vie psycho-sociale. Dans les cas les plus graves, ces deux pathologies peuvent conduire à la rupture des liens sociaux, voire au suicide sur certains terrains prédisposés.
Quelles perspectives thérapeutiques ?
La médecine " classique "
Si vous avez déjà consulté pour vos acouphènes, vous aurez constaté que ce symptôme n'est pas réellement pris en compte par le corps médical. Les traitements médicamenteux se limitent aux vasodilatateurs et oxygénateurs périphériques, et aux anxiolytiques, d’efficacité variable mais qui constituent néanmoins une aide précieuse, en particulier dans les premiers mois qui suivent la survenue.
Qu’est-ce que l’" habituation " ?
L’habituation est l’ensemble des processus neurobiologiques, généralement naturels et spontanés, qui aboutissent progressivement à l’" oubli " de l’acouphène. Chez certaines personnes, l’acouphène ne s’ " évacue " pas par habituation spontanée, et s'installe progressivement dans le cortex auditif où il devient une " mémoire douloureuse " en interaction avec le psychisme. Le stress induit va entretenir l'acouphène et c’est l’ensemble de la personnalité qui se trouve affectée, parfois profondément, par ce symptôme singulier, proche de la douleur. Il faut alors " déprogrammer " le cortex par des techniques appropriées.
S’informer, c’est se soigner !
Cette déprogrammation repose en premier lieu sur l’étendue et la pertinence des informations dont vous pouvez disposer. Les premières consultations auprès de l’ORL ou du généraliste sont à cet égard déterminantes. Si elles sont correctement menées, elles aboutissent rapidement à la neutralisation de la composante émotionnelle négative de l’acouphène.
la revue de France Acouphènes, par la richesse de son information, est un outil essentiel de cette étape thérapeutique.
Notre forum (+chat) est un lieu foisonnant de vie, de rencontres et de partages (70 messages par jour en moyenne, qui en font l’un des plus fréquentés des forums francophones de santé !). Vous pourrez y échanger conseils et informations.
Si la dimension psychique du symptôme rend inefficace son traitement par les seuls médicaments, le lien associatif est en revanche une aide puissante contre l’acouphène. S'informer sur ce que sont réellement les acouphènes, ne pas rester isolé, s’enrichir de l’expérience des autres, c’est faire un grand pas vers un réel mieux-être.
Les aides audioprothétiques, la TRT®
Si une perte auditive est simultanément présente, le port d’une prothèse est souvent de nature à diminuer sensiblement la perception de l’acouphène. Mieux entendre, c’est en effet diminuer le stress et masquer l’acouphène par les " bruits de la vie ". Les générateurs de bruit blanc (GBB) sont également conseillés pour diminuer la nocivité de l’acouphène. Une technique d’habituation appelée T.R.T.® (Tinnitus Retraining Therapy) combinant " conseils ", prothèse et/ou GBB est efficace dans de nombreux cas.
Les thérapies comportementales
Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) sont de puissants outils de reprogrammation du cortex. Dans 70% des cas, elles diminuent très sensiblement la gêne ressentie.
Les médecines " alternatives "
Les techniques de relaxation et de gestion du stress, (sophrologie, training autogène, hypnose, fasciathérapie, yoga, etc.), l’acupuncture, la médecine traditionnelle chinoise, ou encore l’homéopathie sont également de nature à apporter une amélioration très appréciable. Le syndrome de Ménière
Extrait d'un article du Dr Hung Thaï Van, CNRS, Lyon, in La Revue de France Acouphènes n° 39, janvier 2003.
La maladie de Ménière est une affection de l'oreille interne définie par l'association de quatre symptômes : crises de vertige, acouphènes de tonalité grave, sensation de plénitude de l'oreille et baisse de l'acuité auditive prédominant sur les fréquences graves au début de la maladie. Elle touche l'homme comme la femme avec un pic d'incidence à la cinquième décennie. Chez l'enfant et jusqu'à l'adolescence, elle constitue une cause plus rare de vertiges. Les formes bilatérales ne sont pas rares (30%).Elle a longtemps été considérée comme la conséquence d'une distension du labyrinthe membraneux encore appelée " hydrops endolymphatique ". Des données récentes semblent indiquer chez certains patients la participation de phénomènes autoimmuns.
Les recommandations thérapeutiques, qui peuvent différer d'un pays à un autre, reposent sur l'expérience empirique des médecins et sur la constatation d'une nette amélioration au bout de deux ans de traitement chez la majorité des patients. Elles associent des mesures diététiques, pharmacologiques et un soutien psychologique. Il y a trois étapes dans la prise en charge des patients ayant une maladie de Ménière :
1. Le traitement de la phase aiguë : il vise à supprimer le vertige et les symptômes associés (anxiété, nausées, vomissements) sans compromettre les mécanismes de compensation vestibulaires. Ces mécanismes reflètent la capacité du système nerveux central à réorganiser les informations nécessaires au maintien de l'équilibre en réaction à un dysfonctionnement vestibulaire aigu.
2. La prise en charge au long cours : elle vise à améliorer la qualité de vie en diminuant la fréquence des crises vertigineuses et en prévenant autant que possible la détérioration de l'audition. Les traitements médicaux permettent de contrôler l'évolution de la maladie dans près de 80% des cas. Aussi, la chirurgie n'est indiquée que lorsque toutes les thérapeutiques médicales se sont révélées inefficaces.
3. Le soutien psychologique : il représente une part très importante du traitement. On doit bien expliquer au patient que son affection n'a rien à voir avec une tumeur cérébrale. Quel que soit son profil psychologique, la nature des symptômes peut faire naître chez lui une grande anxiété. Il est reconnu qu'une bonne gestion de l'anxiété par des soins de relaxation et/ou des moyens pharmacologiques va de paire avec une évolution favorable de la maladie de Ménière.
Il n'existe pas de consensus international sur la façon de traiter la maladie de Ménière, et ce quel que soit le stade de la maladie. On peut néanmoins proposer des protocoles thérapeutiques qui, que ce soit pour la phase aiguë ou pour le traitement au long cours, reposent avant tout sur l'expérience des cliniciens et sur l'amélioration qu'ils observent chez la grande majorité des patients. Tous les auteurs insistent sur la nécessité d'un suivi régulier où le soutien psychologique doit occuper autant de place que l'évaluation de la réponse au traitement. En cas d'acouphènes invalidants, une consultation auprès d'un audioprothésiste en vue d'un appareillage auditif spécialisé peut déboucher sur une amélioration notable de la qualité de vie du patient. Les indications chirurgicales sont rares, réservées aux cas de vertiges résistants à tous les traitements médicaux.
Info : http://www.france-acouphenes.org

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