17 juin.
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Allaitement maternel, comment réagir ?
Par Anne-Marie MERCIER, formatrice en nutrition et en accompagnement à l'allaitement maternel.
La rubrique que nous vous présentons se propose de diffuser des informations soigneusement sélectionnées pour vous accompagner dans le choix de votre alimentation au quotidien en vue d'une optimisation de la santé.
L'observation assidue des mécanismes de la vie nous mène à prendre conscience de la complexité de ces phénomènes et à nous émerveiller de leur harmonie pour mieux les respecter.
La nature a mis des millions d'années pour arriver à élaborer des systèmes aussi performants que la formation d'un être humain en neuf mois dans le ventre de sa mère et a prévu, grâce à l'allaitement maternel, une adaptation progressive à son milieu terrestre.
Pendant des millions d'années, l'Homme a trouvé sa nourriture dans la nature. Il s'est mis à cultiver le sol depuis un laps de temps très court (il y a environ 10 000 ans) comparé à son histoire (apparition des premiers hommes il y a environ 3 millions d'années).
Les débuts de l'agriculture, marqués principalement par la domestication de céréales comme le blé ont été accompagnés de l'apparition de nouvelles maladies : première traces de caries dentaires, maladies infectieuses comme par exemple la tuberculose (premiers squelettes marqués par cette maladie datés de trois mille ans avant notre aire).
Les changements alimentaires survenus dans nos sociétés se sont accélérés de façon vertigineuse depuis les dernières décennies, bouleversant de manière considérable nos métabolismes qui ne sont pas prévus pour de nombreux aliments proposés au consommateur du 21ème siècle.
De là, l'émergence et la progression inquiétante de maladies dites de civilisation : obésité, diabète, cancers, maladies cardiovasculaires, allergies, intolérances alimentaires...
Pour choisir son mode d'alimentation au quotidien, il devient difficile de se baser sur les informations abondantes, souvent incomplètes et parfois contradictoires mises à notre portée par les médias.
Comment s'y retrouver ?
S'alimenter au quotidien ne devrait pas être un casse-tête. De nombreuses interrogations apparaissent au fil du temps au sujet de notre nourriture et restent parfois sans réponses. Cependant, grâce aux travaux et observations des nombreuses personnes qui se sont penchées sur ces questions, aujourd'hui, il devient possible de se repérer et d'organiser son alimentation en alliant connaissance, observation et bon sens.
Avec son intelligence, son discernement, sa conscience, mais aussi ses sens l'être humain est parfaitement équipé pour choisir son alimentation de la façon la plus judicieuse possible, à condition que le type d'aliment ne trompe ni les sens, ni le cerveau.
Le goût et les autres sens sont des outils performants capables d'intégrer la complexité d'un aliment. C'est pourquoi on n'a pas encore trouvé de machine capable de goûter du vin ou un autre aliment à la place de l'être humain.
L'alimentation idéale n'existe pas, chaque personne est différente et à chaque période de la vie correspondent des besoins différents. L'équilibre alimentaire se fait sur la durée, grâce à la consommation d'aliments variés et de bonne qualité qui favorisent le fonctionnement des mécanismes physiologiques d'autorégulation de la couverture des besoins.
Des facteurs non alimentaires comme l'exposition à divers stress ou à différents polluants vont aussi influencer les phénomènes participant au métabolisme des aliments à l'intérieur de l'organisme.
Pour aborder ces questions de nutrition, il est nécessaire de prendre en compte : - la qualité des aliments de façon intrinsèque, - les besoins alimentaires propres à chaque période de la vie, - les capacités de chacun à utiliser les aliments en fonction de divers paramètres ( hérédité, âge, sexe, périodes particulières de la vie comme la grossesse et l'allaitement, exposition à des facteurs pouvant perturber le métabolisme...) - les mécanismes physiologiques de régulation de la couverture des besoins, - la façon d'associer les aliments entre eux à un même repas, - le nombre de repas, - l'heure idéale de prise de certains aliments pour certaines personnes, - l'intégration de ces données dans un contexte affectif, social, culturel, philosophique ou religieux auquel s'identifie chaque personne ou chaque groupe d'individus.
Par exemple, l'état de santé et l'alimentation des futurs parents avant la conception d'un enfant vont avoir un impact sur le développement de l'embryon. Pendant la grossesse, une alimentation adaptée protègera le foetus, favorisera son développement ainsi qu'un bon déroulement de la naissance.
Dès que le bébé est né, le lait maternel va lui fournir des matériaux et des informations (hormones...) nécessaires à la poursuite de son développement et à sa protection vis à vis des éléments nouveaux de son environnement.
Grâce à une meilleure connaissance de la physiologie du nourrisson, de la composition du lait humain et des mécanismes de la lactation on sait aujourd'hui que le lait maternel s'adapte parfaitement aux besoins du nourrisson et que sa composition évolue au fur et à mesure du développement du bébé.
En se basant sur de multiples études, l'Organisation Mondiale de la Santé recommande pour le nourrisson une alimentation adaptée à ses besoins spécifiques : - l'allaitement maternel exclusif jusqu'à six mois (ou plus), - le lait maternel restant l'aliment principal jusqu'à un an, - l'introduction progressive des aliments autres que le lait maternel à partir de 6 mois ou plus, - la poursuite de l'allaitement maternel jusqu'à deux ans et plus.
En effet, l'organisme immature du nourrisson n'est pas apte à recevoir d'autres aliments que le lait humain avant six mois ou plus. De plus, on a constaté que l'introduction trop précoce d'autres aliments favorise, entre autres, l'apparition d'allergies alimentaires.
La maturation du tube digestif de l'enfant va se poursuivre pendant les toutes premières années. Par exemple les immunoglobulines sécrétoires A ne seront sécrétées dans des quantités identiques à celles qu'on trouve chez l'adulte qu'entre les âges de 2 et 3 ans.
Une culture de l'allaitement et un tissu social de soutien à l'allaitement maternel sont en cours de construction dans nos pays industrialisés, marqués par plus de 300 ans de rupture culturelle par rapport à une pratique adaptée de l'allaitement maternel.
Il reste encore beaucoup à faire par rapport à nos voisins nordiques mais la progression de la pratique de l'allaitement maternel ne peut être que prometteuse pour l'avenir quant à son impact positif en santé publique.
Cette rubrique proposera également des informations sur la pratique de l'allaitement maternel et l'introduction des aliments autres que le lait maternel.
Ainsi, il est possible par le biais de pratiques alimentaires adaptées de favoriser la transmission d'un capital santé optimisé d'une génération à une autre.
Dans certaines pathologies, un régime alimentaire approprié devra être pratiqué avec parfois l'éviction d'un ou plusieurs aliments de façon transitoire ou définitive. L'alimentation devra alors être reconsidérée dans sa globalité pour que le changement d'alimentation ne soit pas trop brutal, que les apports soient équilibrés, les besoins soient couverts, et que l'alimentation reste assez variée pour ne pas tomber dans la monotonie.
C'est dans ces circonstances qu'on mesure l'importance de la mise en place de systèmes agricoles cohérents capables de produire des aliments de qualité et une grande diversité (réhabilitations de variétés anciennes) de façon à pouvoir varier suffisamment les apports.
Des suppléments vitaminiques ou autres, sous la forme la plus appropriée possible en fonction de chaque cas seront parfois nécessaires le temps de remettre un organisme affaibli sur les rails de la santé.
L'hygiène alimentaire à elle seule ne peut prétendre prévenir ou résoudre tous les problèmes de santé, elle devrait être associée à une bonne hygiène de vie (temps de repos, exercice physique...), ainsi qu'une hygiène mentale et relationnelle.
Le facteur alimentaire est cependant celui sur lequel on peut intervenir de la façon la plus concrète et par rapport auquel on peut évaluer les résultats de façon tangible comme le montre la pratique de certaines évictions alimentaires indiquées de façon précise.
En outre, un bon statut nutritionnel permet une meilleure résistance aux stress, un meilleur équilibre hormonal, nerveux et psychique : la santé du corps et celle de l'esprit sont étroitement liées.
Ainsi, les informations théoriques et pratiques fournies dans cette rubrique vous aideront à choisir votre alimentation quotidienne de façon éclairée pour un meilleur état de santé global.
labosp.com

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