Physiopathologie

Les spécialistes s'intéressent de très près au mécanisme de formation des lésions de l'acné et au rôle prédominant des anomalies du follicule pilo-sébacé. La glande sébacée excrète le sébum par l'intermédiaire d'un canal, le follicule pilo-sébacé. Il semble que ce soit les cellules qui constituent les parois de ce canal qui sont à l'origine des lésions d'acné, donc des boutons.

Il est désormais possible de cultiver quelques semaines les cellules des glandes productrices du sébum et même des follicules pilo-sébacés. Ces modèles de culture devraient permettre de mieux comprendre les mécanismes et aboutir à la mise au point de traitements plus performants.

Au départ, les rétinoïdes locaux agissaient sur toutes les cellules cutanées. Mais de nouvelles formes dites "récepteurs spécifiques" arrivent sur le marché. Elles ne sont actives que sur certains récepteurs impliqués dans l'acné. Elles ont moins d'effets secondaires et sont donc moins irritantes pour la peau.

Le problème des résistances aux antibiotiques

Des antibiotiques (cyclines et érythromycine) sont souvent prescrits, à petite dose et pendant assez longtemps, aux personnes souffrant d'une acné sévère. Or ce traitement est responsable du développement de résistances à ces antibiotiques. 30 à 40 % des souches impliquées dans cette maladie de peau seraient aujourd'hui devenues résistantes, ce qui représente une proportion très importante.

Les bactériologistes s'inquiètent des conséquences potentielles de ces résistances (qui n'empêchent pas de traiter l'acné). En effet, il faut savoir qu'un germe devenu résistant aux cyclines l'est aussi à d'autres familles d'antibiotiques. En conséquence, si un patient développe, un jour, une infection autre, il existe un risque, certes extrêmement minime, qu'il soit plus difficile de la combattre.

La qualité de vie

L'acné a un grand retentissement sur la qualité de vie et les dermatologues y font de plus en plus attention. Ce retentissement n'est pas toujours proportionnel à l'importance des lésions et les filles y sont beaucoup plus sensibles que les garçons. Pour bien l'évaluer, il existe différentes échelles de qualité de vie.

Pour aider les patients à masquer leurs boutons, les spécialistes conseillent l’utilisation de produits cosmétiques. Ils les mettent toutefois en garde contre ceux qui n'ont pas été testés comme étant "non comédogènes" et qui risquent d'empêcher les traitements d'agir. Ils prônent, en revanche, l'emploi de produits ayant une action complémentaire des traitements, dont ils pourraient même en augmenter l'efficacité.

Par le Professeur Brigitte Dreno (Professeur de dermatologie – Hôtel-Dieu – Nantes)