D’importantes mesures de prévention se mettent en place dans les hôpitaux avec, pour mot d’ordre « le bon gant au bon endroit ». En d’autres termes, des gants en vinyle pour réaliser des examens non stériles ou pour manipuler les aliments et des gants en caoutchouc pour faire le ménage, les gants en latex devant être réservés aux opérations stériles.

De plus, les gants stériles ont été modifiés. Ils sont fabriqués avec des latex moins allergisants et, le plus souvent, ils ne contiennent plus de poudre qui était en partie responsable de la propagation de l’allergène. Néanmoins, les personnes qui se savent allergiques au latex doivent impérativement le signaler à leur médecin pour qu’une prévention soit envisagée avant tout examen ou toute intervention chirurgicale.

Les allergies aux cosmétiques

Elles peuvent survenir avec tout type de cosmétique. Les principaux allergènes sont dérivés des végétaux. Une urticaire peut apparaître par exemple après l’emploi d’un gel douche, d’un rouge à lèvres ou d’un eye-liner. L’attitude logique consiste alors à ne plus utiliser le produit en cause. Elle ne suffit pas toujours car un second contact avec l’allergène, sous une autre forme, risque d’entraîner un choc anaphylactique. Ainsi, une personne sensibilisée à l’huile de sésame par un gel douche peut faire un choc grave après avoir mangé des gâteaux d’apéritif contenant cette même huile. Un accident similaire peut être dû à l’huile d’avocat ou à certains dérivés du blé contenus à la fois dans des crèmes, des eye-liners et dans certains aliments (pâté de foie). Le message est donc clair : tout consommateur qui fait une réaction de type urticaire en utilisant un produit cosmétique doit en parler à son médecin et conserver le produit en cause pour que sa responsabilité puisse être confirmée par des tests.

Allergies lymphocytes T dépendantes

Les allergies dépendantes des lymphocytes T ont des manifestations retardées. Parmi elles, on trouve l’eczéma de contact et certaines toxidermies.

Les eczémas de contact aux parfums

Les dermatologues s’inquiètent de la progression des sensibilisations au « fragrance mix », un mélange de parfums employé dans les tests allergologiques réalisés en routine chez les personnes souffrant d’eczéma. Leur proportion est passée de 5 à 11 % en une dizaine d’années. Cette augmentation s’explique notamment par la large utilisation des éléments de « fragrance mix », dans les parfums bien sûr, mais aussi dans les cosmétiques et les lessives. Ce phénomène a attiré l’attention de spécialistes qui ont interpellé la commission européenne en demandant que tous les ingrédients des parfums figurent systématiquement sur les emballages, comme c’est déjà le cas pour les cosmétiques. Pour ces derniers, chaque ingrédient a une dénomination, appelée INCI, commune à tous les pays d’Europe. Aujourd’hui, la composition des parfums ne figure pas sur l’étiquette. Les fabricants de parfums sont réticents : ils soulignent qu’un parfum peut renfermer de 40 à 400 ingrédients et que ce produit est « vivant », sa composition pouvant se modifier au fil du temps. Un débat a donc lieu actuellement au sein de la commission européenne.

Les allergies à la cire dépilatoire

Il y a eu, l’an dernier, une « épidémie » de sensibilisation active par une cire dépilatoire prétendue hypo-allergénique car elle ne contenait pas de colophane. En réalité, elle renfermait une colophane modifiée très allergisante. Quinze jours après l’épilation, certaines femmes ont vu apparaître un eczéma sur leurs jambes.

Il faut bien savoir que le terme hypo-allergénique n’a pas réellement de sens. Il indique seulement que le fabricant a fait un effort pour supprimer un allergène supposé. La seule information utile, pour les patients allergiques, est la liste de tous les ingrédients employés.

Les tatouages semi-permanents

Attention à ces faux tatouages dits « au henné », souvent proposés dans certaines régions touristiques, car ils peuvent provoquer des allergies retardées. C’est au bout de 15 jours, au moment où le dessin devrait disparaître, qu'apparaît un eczéma reproduisant le motif du tatouage. Le responsable de cette allergie est la paraphénylène diamine (PPD) contenue dans le produit appliqué. Avant de se faire ce type de tatouage, si on en accepte le risque, il serait prudent de demander le nom et l’adresse du fabriquant ainsi que le numéro du lot, informations utiles en cas de sensibilisation.

La PPD est également présente dans certains colorants textiles, notamment pour les jeans, et dans les teintures capillaires et peut donc occasionner d'autres eczémas chez les personnes sensibilisées.


Par le Docteur Martine Vigan (Dermatologue au CHU - Besançon)