Les lasers permettent de traiter les angiomes plans, qui forment des taches sur la peau. Depuis plusieurs années, les médecins employaient des lasers à colorant pulsé. Plus récemment est apparue une nouvelle génération de lasers à colorants comportant un système de refroidissement. A la différence des précédents, ils ne provoquent pas d'ecchymose, mais une simple rougeur qui s'atténue très vite. L'enfant peut donc retourner à l'école dès le lendemain de son traitement, au lieu de rester une dizaine de jours chez lui.

Autre nouveauté : l'ouverture de consultations multidisciplinaires pour les angiomes, d'abord à Paris et à Tours et peu à peu dans d'autres grandes villes. Elles réunissent des dermatologues, des radiologues pratiquant la radiologie interventionnelle (qui peuvent injecter des produits embolisants dans les angiomes), des chirurgiens vasculaires et éventuellement des cardiologues. L'avantage est évident, en une seule séance, le jeune patient peut bénéficier des compétences de chacun de ces spécialistes et connaître la solution la mieux adaptée à son cas.

Les hémangiomes

Les angiomes en relief des nourrissons (appelés hémangiomes) sont très fréquents (plus de 10% des nourrissons).Ils ont une évolution très particulière avec une phase de croissance puis de régression aboutissant dans la plupart des cas à leur disparition totale en deux à trois ans. Leur origine est inconnue. Des travaux très récents ont montré que les cellules qui les composent (cellules endothéliales) comportent des caractéristiques identiques aux cellules du placenta. La question est donc maintenant de savoir si le placenta est vraiment en cause dans la génèse de ces angiomes et si oui par quel mécanisme ? Par exemple est-ce que les gestes de plus en plus fréquemment effectués pendant la grossesse (amniocentèse, biopsie de trophoblaste...) peuvent jouer un rôle ?

La dermatite atopique

On estime que 15 à 20 % des enfants souffrent de dermatite atopique, mais seuls 3 à 4 % présentent une forme grave. Pour les traiter, on dispose actuellement de pommades à base de corticoïdes. Elles sont efficaces dans un grand nombre de cas, mais l'emploi de corticoïdes au long cours inquiète souvent leurs parents.

Un nouveau traitement vient d'obtenir son AMM européenne : il s'agit du tacrolimus. Cette pommade constitue une alternative thérapeutique intéressante, surtout en cas d'échec des corticoïdes locaux. D'autres molécules de la même classe thérapeutique vont bientôt suivre. Attention, en revanche, aux "faux progrès". Contrairement à ce que certains ont affirmé, rien ne prouve que l'allaitement maternel empêche la survenue de la dermatite atopique. Il n'a pas été démontré, non plus, que les laits dits hypoallergéniques avaient un effet préventif sur les manifestations de cette maladie.

La neurofibromatose

Aussi appelée maladie de Von Recklinghausen, la neurofibromatose de type 1 n'est pas une maladie rare puisqu'elle touche environ 1 personne sur 250. Et toutes ne se savent pas atteintes ! Cette affection génétique se manifeste par l'apparition de plus de six taches "café au lait" sur la peau, dès la naissance ou au cours des premiers mois de la vie, et par des petites anomalies à la surface de l'œil.

Ces marqueurs doivent inciter les médecins à suivre régulièrement leurs jeunes patients car ils peuvent ensuite présenter un certain nombre de complications susceptibles de toucher tous les organes, comme l'apparition de tumeurs (non malignes) sur les nerfs. Des tumeurs qui, quand elles se développent sur le nerf optique, peuvent rendre aveugle.

Un réseau national de surveillance de cette maladie a été mis en place avec l'association des malades atteints de neurofibromatose et des réseaux régionaux fonctionnent déjà à Créteil (hôpital Henri Mondor), à Nantes, à Tours et dans plusieurs autres grandes villes. Ils permettent une prise en charge globale de patients, par des neurologues, cardiologues, dermatologues, etc. De plus, les malades peuvent être suivis par leur médecin qui envoie, une fois par an, un compte rendu aux spécialistes du réseau. Ils doivent néanmoins être hospitalisés une fois dans leur enfance, le temps de subir des examens approfondis.


Par le Professeur Gérard Lorette (Chef du service de dermatologie, Hôpital Trousseau – Tours)