05 nov.
Par vie femme,à 12:03 :: news :: #480 :: rss
Saddam Hussein, reconnu coupable de crimes contre l'humanité
Les forces américaines et irakiennes ont essuyé des tirs dans deux quartiers sunnites de la capitale, peu après ce verdict. Les membres de la majorité chiite, opprimés sous le règne de l'ancien dictateur, ont en revanche laissé éclater leur joie.
Refusant d'abord de se lever pour entendre la sentence, l'ancien président âgé de 69 ans a fini par se redresser avec hésitation dans le box des accusés.
il est presque parvenu à couvrir la voix du président du tribunal lorsqu'il s'est écrié "Allahou Akbar!" (Dieu est le plus grand!) et "Vive la Nation!".
"La Cour a décidé de condamner Saddam Hussein al Madjid à être pendu jusqu'à ce que mort s'en suive pour crimes contre l'humanité", a déclaré le juge Raouf Abdoul Rahman, ignorant le souhait de l'ex-président, qui avait souhaité faire face à un peloton d'exécution plutôt qu'à la corde.
"AUCUNE AUTRE PEINE N'ÉTAIT POSSIBLE"
Après 45 minutes d'audience, le magistrat a prononcé la fin des procédures dans l'affaire du massacre de 148 chiites de Doudjaïl, qui avait suivi une tentative d'assassinat contre Saddam Hussein, en 1982.
La peine de mort et la prison à vie donnent lieu à des appels automatiques qui reporteront l'exécution du verdict de plusieurs mois au moins.
Le gouvernement dominé par la majorité chiite s'est félicité de ce jugement. "Saddam méritait au moins cela, parce que le crime était grand. Aucune autre peine n'était possible", a déclaré Ali al Dabbagh, porte-parole de l'exécutif, interrogé par Reuters.
"La Cour a fait preuve de professionnalisme et de justesse. Saddam a subi la justice dont il a privé le peuple irakien pendant 35 ans", a renchéri le vice-Premier ministre Barham Saleh, qui appartient à la communauté kurde.
Zalmay Khalilzad, ambassadeur des Etats-Unis en Irak, a quant à lui salué une "étape importante" dans la construction d'une société libre.
Bouchra al Khalil, membre du comité de défense basé à Amman, a en revanche dénoncé un "déni de justice" prononcé par "un tribunal illégal mis sur pied par l'occupant américain qui ne pouvait pas tenir un procès équitable".
"Il s'agit d'un verdict politique de la part d'un tribunal politique", a par ailleurs affirmé un député sunnite ayant requis l'anonymat.
Trois autres membres du défunt parti Baas jugés aux côtés de Saddam Hussein écopent de 15 ans de réclusion et un quatrième a été acquitté.

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