Selon le Dr Anna Day, directrice du programme Gender Asthma and COPD au Women's College Hospital à Toronto, consultée au nom de la Société canadienne de thoracologie pour la rédaction de ce rapport, « les Canadiens doivent réaliser que la MPOC est une maladie qui évolue et que de plus en plus de femmes en seront atteintes et mourront des suites de cette maladie ».

Les statistiques sur les femmes et la MPOC sont assez troublantes :

En 2005, on comptait 425 300 femmes âgées de 35 ans ou plus souffrant de la maladie pulmonaire obstructive chronique; En 2003, 4383 femmes sont mortes des suites de la MPOC au Canada. Par comparaison, en 2003, 5060 femmes ont succombé au cancer du sein ; La MPOC touche 4,8 % des femmes et 3,9 % des hommes.

Alors que la mammographie, le test Pap et la densitométrie osseuse sont désormais utilisés de façon routinière pour dépister d'autres maladies, le rapport mentionne que le taux de dépistage de la MPOC est encore trop bas.

La spirométrie est un simple test respiratoire essentiel au diagnostic de la MPOC qui permet d'identifier facilement les personnes prédisposées à la MPOC.

Le rapport, préparé par l'Association pulmonaire du Canada en collaboration avec ses groupes de professionnels de la santé, dont la Société canadienne de thoracologie et les Professionnels canadiens santé respiratoire, est publié dans le cadre de la Journée mondiale de la MPOC aujourd'hui dans tout le pays.

« Nous devons continuer à exercer une pression pour sensibiliser le public au sujet de cette terrible maladie et défendre les droits de toutes les personnes atteintes de la MPOC, en particulier les femmes », a déclaré Nora Sobolov, présidente et directrice générale de l'Association pulmonaire. « Nous ne pouvons plus nous permettre de faire l'autruche avec la MPOC ».

Dans ce rapport, l'Association pulmonaire lance un appel à l'action sur trois points :

  1. Sensibilisation : Les Canadiens doivent comprendre que la MPOC est maintenant une maladie importante chez la femme. La maladie a été diagnostiquée chez plus de 425 000 femmes et plus de 4 300 d'entre elles en meurent chaque année.
  2. Amélioration du dépistage chez les femmes prédisposées : La spirométrie est un simple test respiratoire qui devrait être utilisé de façon routinière pour détecter la MPOC chez les femmes prédisposées, tout comme les autres tests de dépistage de maladies importantes (mammographie, test Pap et densitométrie osseuse).
  3. Intervention : Les patients et les professionnels de la santé doivent insister pour que le diagnostic soit posé plus rapidement et que le traitement de la MPOC soit optimisé afin de réduire l'impact de la maladie et la souffrance.

Les femmes : population à risque

Selon le Dr Denis O'Donnell, professeur de médecine de l'Université Queen's à Kingston, en Ontario, « la recherche a démontré que les effets du tabagisme semblent être plus néfastes sur la santé pulmonaire des femmes, probablement en raison de leur capacité pulmonaire réduite, de leurs voies respiratoires plus petites et de leur masse musculaire ventilatoire réduite. Les symptômes rapportés par les femmes sont donc plus intenses pour une gravité semblable de la MPOC ».

Les femmes utilisent une plus grande proportion de leur capacité pulmonaire, ce qui exige un effort plus prononcé et cause plus d'essoufflement;

Les femmes plus âgées sont davantage incommodées par l'essoufflement, symptôme principal les incitant à restreindre leur activité physique.

Depuis l'an 2000, le taux de mortalité due à la MPOC chez les femmes a augmenté à un rythme deux fois plus élevé que celui du cancer du sein (9 % comparativement à 4 %). Durant cette même période, le taux de mortalité chez les femmes dû à l'ACV a diminué de 2,7 %.

Au sujet de la MPOC

La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) est une maladie respiratoire qui entraîne l'inflammation et l'obstruction des voies respiratoires menant aux poumons. Les deux principales formes de la maladie comprennent la bronchite chronique et l'emphysème.

Les principaux symptômes que ressentent les patients atteints de MPOC sont l'essoufflement et la restriction des activités; Les symptômes sont d'abord insidieux, progressent avec le temps et sont caractérisés par des exacerbations fréquentes; La principale cause de la MPOC est le tabagisme. Un faible pourcentage de patients souffre de la MPOC pour d'autres raisons; Près de la moitié de tous les Canadiens (45 %) ont fumé à un moment donné et 20 % d'entre eux fument toujours (selon une enquête de Léger en 2006).

Taux faible de sensibilisation à la MPOC

Une enquête menée par Leger Marketing auprès des consommateurs a révélé que le taux de sensibilisation à la MPOC chez les Canadiens était toujours faible. Moins de la moitié des personnes interrogées avaient déjà entendu parler de la maladie pulmonaire obstructive chronique (46 %) et seulement 13 % avait entendu parler de son sigle MPOC. C’est surprenant si l’on se rappelle que la maladie est la quatrième cause de décès au Canada.

La majorité des Canadiens ont déjà entendu parler de l’électrocardiogramme (89 %) et de la mammographie (68 %). Et plus du quart des Canadiens interrogés avaient entendu parler du test de densitométrie (28 %). Par contre, seulement un Canadien sur dix avait entendu parler de la spirométrie (10 %).

Le rapport intégral se trouve à l’adresse www.lung.ca.
femmesensante.ca