Quelles sont les femmes qui, selon vous, se sentent mères avant de l’être ? Généralement, les femmes infertiles. Celles qui se sentent mères et qui n’y parviennent pas. Celles qui n’ont pas renoncé à la maternité malgré les difficultés encourues et qui se lancent dans les procréations médicalement assistées.

Et quand les deux membres du couple ne sont pas d’accord pour avoir un enfant ? Là, on passe à autre chose. Souvent la femme attend que l’homme soit prêt. Une fois ce moment arrivé, il n’est pas rare que la femme passe par des périodes d’infertilité. Elle met du temps finalement à réaliser son désir de maternité. Si un avortement est survenu car le conjoint n’était pas prêt, des difficultés physiologiques et psychologiques peuvent survenir.

Pourquoi certaines femmes ne sont-elles pas maternelles ? Ce n’est pas donné à tout le monde. Il n’y a pas d’instinct maternel. Il y a une différence entre un enfant réel et celui que l’on projetait d’avoir. La maternité idéalisée est souvent bien différente de la réalité. Certaines femmes n’ont pas de difficultés à être mères et pour d’autres c’est plus difficile, surtout si elles n’ont pas eu des rapports simples à leur mère ou qu’elles ont une dette maternelle.

Il est également des femmes qui aiment la grossesse sans forcément avoir le désir d’avoir un enfant ? Oui. Ce qui se joue là, c’est la différence entre être porteuse d’un rêve, d’un imaginaire et vivre dans une réalité dont on se désintéresse. Si la femme magnifie sa grossesse, le fait qu’elle va bientôt devenir mère peut ne pas lui sembler réel.

Comment expliquez-vous le rejet de grossesse chez des femmes qui désirent un enfant ? C’est compliqué, la grossesse. C’est la conjonction de deux choses : la constitution biologique d’un fœtus et l’histoire personnelle qui continue. Pour que la grossesse puisse bien se dérouler il faut qu’elle s’intègre bien dans la vie de la femme, dans son évolution personnelle.
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