La réponse de Claude Halmos

Je crois d’abord que la situation que vous décrivez n’est pas explicable en termes d’amour. Car elle est profondément pathogène. Un enfant dans une famille doit être confronté à un couple qui s’occupe de lui, mais qui a une vie propre. Cette structure lui donne une représentation de ce qu’il sera plus tard. Elle est à la fois pour lui un moteur et un modèle pour grandir.

Rien de tout cela chez vous. Car la famille se compose d’un couple père-petit garçon et d’une mère exclue de leur intimité. Cet état de fait ne tient pas à votre fils. Car un enfant ne « choisit » jamais spontanément l’un de ses parents. Quand il le fait, c’est toujours parce qu’il obéit à une demande consciente ou inconsciente de l’adulte élu. Il cède à sa séduction ou à sa propre envie de l’aider s’il le sent en difficulté.

Il faudrait donc amener votre mari à s’interroger sur son attitude. Et l’aider à redresser la barre. Car, prisonnier d’une place qui n’est pas la sienne, votre fils ne peut pas se construire normalement. Et risque, par exemple, l’œdipe aidant, de se prendre, à l’insu de son papa, pour sa femme ou son mari. Ce qui n’est pas, comme on dit, un « très bon plan » pour grandir…
Claude Halmos est psychanalyste
psychologies.com