29 mar.
Par vie femme,à 08:57 :: Divers :: #857 :: rss
Un Suisse de 57 ans a été condamné jeudi à dix ans de prison
Oliver Rudolph Jufer, installé en Thaïlande depuis une dizaine d'années, avait été arrêté début décembre dans la ville de Chiang Mai (nord) alors que le royaume célébrait en grande pompe le 79e anniversaire de Bhumibol Adulyadej, le plus ancien monarque en exercice dans le monde
Le ressortissant suisse, originaire de Zurich et marié à une Thaïlandaise, avait été filmé par des caméras de sécurité dans un état d'ébriété avancé en train de taguer des portraits du souverain, dont l'image est protégée par des lois sévères. Jufer faisait l'objet de cinq accusations graves de lèse-majesté et encourait des peines totalisant 75 ans de prison pour atteinte à la dignité du monarque. Il a été condamné à 20 ans de réclusion mais, comme il a avoué, sa peine a été réduite de moitié.
"Le tribunal l'a puni pour avoir insulté le roi. C'est un crime grave et il a été condamné à quatre ans de prison pour chacune des cinq accusations dont il faisait l'objet, soit au total 20 ans", a déclaré le juge Pitsanu Tanbuakli du tribunal de Chiang Mai où le procès s'est achevé jeudi.
Cependant, "étant donné qu'il est passé aux aveux, la cour a réduit sa peine à dix ans", a ajouté le magistrat.
L'avocat, nommé par le tribunal pour défendre Jufer, ne s'est pas présenté jeudi et l'accusé n'a rien dit, ni en pénétrant ni en quittant l'enceinte de la cour.
Réagissant au verdict, le gouvernement suisse a noté que la législation thaïlandaise avait été appliquée "avec une grande rigueur".
Le porte-parole des Affaires étrangères Jean-Philippe Jeannerat a refusé de commenter "l'ampleur de la peine", d'autant que le condamné a un mois pour faire appel.
Mais il a estimé que la procédure avait été conforme à l'état de droit et a indiqué que Berne n'avait pas l'intention d'intervenir auprès de Bangkok pour obtenir la libération de son ressortissant.
Lors d'une audience le 12 mars, Jufer avait plaidé coupable mais les débats qui avaient duré trois heures s'étaient déroulés à huis clos en raison du caractère "sensible" de l'affaire, dont la presse locale n'a quasiment pas fait état.
Le roi Bhumibol, connu aussi sous le nom de Rama IX, est un monarque constitutionnel qui n'a théoriquement aucun pouvoir. Mais, dans les faits, il exerce une autorité morale et une forte influence sur tous ses sujets qui le considèrent comme le père bienveillant de la nation.
L'image de Bhumibol, qui a vu passer une vingtaine de Premiers ministres et de coups d'Etat en 60 ans de règne, est surveillée de près par le palais royal qui examine à la loupe les ouvrages et autres articles écrits sur lui, y compris à l'étranger.
Toute insulte est assimilée à un crime de lèse-majesté et peut être sévèrement punie, y compris par la prison. Les personnes condamnées sont cependant susceptibles de bénéficier d'une grâce royale.
Le Premier ministre Thaksin Shinawatra, qui a été renversé le 19 septembre dernier lors d'un coup d'Etat, fait lui-même l'objet de trois plaintes pour avoir manqué de respect au roi. Il est actuellement réfugié à l'étranger.
"Alors que des accusations pèsent contre M. Thaksin, (les autorités) ne peuvent être perçues comme faisant preuve de clémence sur la lèse-majesté", a estimé l'analyste politique Thitinan Pongsudhirak.
"Dans le même temps, (l'affaire) Jufer est une aberration", a-t-il ajouté.
Dans une intervention à l'occasion de son 78e anniversaire, Bhumibol avait laissé percer sa solitude en tant que roi, soulignant qu'il aimerait être plus souvent critiqué. "Je souhaiterais parfois qu'on me dise que j'ai tort".
AFP

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire